J'aurais voulu tant et tant,
Trouver des mots vibrants révoltant les tempêtes,
Démêler la cavalcade des chevaux pur-sang,
Pétrir ma vie comme l'on pétrit l'argile,
Courir le temps de crainte qu'il ne s'effile
Comme un tartan esseulé privé de ses chardons
Bleus, verts, roses ou jaunes
En arcs en ciel jetés comme des ponts vers les paradis blancs,
J'aurais voulu tant et tant
Me métamorphoser au fil des gens,
Transformer le tout ou rien en rien du tout,
Cligner d'un cil et marcher sur un fil
Comme un funambule quittant la terre pour la lune.
J'aurais voulu tant et tant
Écrire les miracles des fenêtres sur cour
Derrière lesquelles parfois attend l'amour.
Murmurer des chants d'oiseaux à l'ouïe des baleines,
Imiter les bruits de la nature aux sourds et les voir sourire,
Peindre le noir en blanc et inversement,
Croire aux histoires de farfadets et de lutins en forêt de Brocéliande,
J'aurais tant voulu
Sortir du rocher l'épée d'Excalibur,
Me tâcher les doigts en mangeant des mûres,
Divaguer dans un labyrinthe d'étoiles
Mettre et larguer les voiles comme l'on quitte sans regret les amarres pour revenir à son pont de départ.
J'aurais tant voulu
Voir l'invisible
Écouter l'inutile
Entendre l'inaudible
Toucher le vide.
J'aurais voulu tout cela
Avant que de prendre la poudre d'escampette
Et disparaître tout aussi vite qu'une comète.
Je n'ai pas eu assez d'une vie,
Je n'aurai pas assez d'une mort
Pour ne serait ce qu'entrevoir ce que je voulais vouloir...
J'Ai M