Au bateau ivre
j'ai bu et me suis enivré
de mots, d'alcools et de pensées,
Jusqu'à vivre
Enfin au grand jour

Les envies de mort
mortes aux brumes de mes jours.
Passe l'ivresse, viennent l'allégresse et la liesse
de la lumière des matins illuminant mes détresses,
d'un espoir nouveau d'avenir et de souvenir apaisés en flambeaux.
Mon passé digéré, je marche pas à pas vers ma destinée
Souffler les braises du malaise
Les voir s'éteindre à l'appel des lendemains
calmes et lucides, l'âme en paix.
Que je n'eusse pas su plus tôt qu'oublier
Eût apaisé l'intensité de mes douleurs,
Au devenir libre et lointain d'un révolu passé
Me promettant enfin de grandir et devenir.
Longtemps je fus absorbé et enseveli
Aux abysses d'autres démons que les miens,
Partageant consentant le pire en me privant du bien.
Tout cela n'eût ma foi que désolations, souffrances et absences.
Que l'on me reproche parfois, encore et souvent,
Moi le bateau ivre, sans voiles ni compas
Ai malgré tout échappé à mon trépas.

Il s'en fallut d'une corde par deux fois,
Mais il n'était point encore mon heure.
Juste le signe indélébile de ma douleur
Et de mon incapacité à poser mes souvenirs amers
Aux pieds de mes pensées.
J'ai bu et me suis enivré
de mots, d'alcools et de pensées,
de prose et de poèmes aussi.
C'est sans doute ce qui me sauva Vie.
J'Ai M